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Libye : un coup terrible au printemps des peuples

Maxime Azadi | actukurde.fr | vendedi 21 octobre 2011

samedi 22 octobre 2011

L’intervention de l’OTAN en Libye a été un coup fatal au printemps arabe. Il s’agissait avant tout d’un acte de vengeance et d’une salle guerre autour des intérêts économiques et politiques. Certes, un autre dictateur est tombé mais quels sont les messages d’un lynchage sauvage et peut-on parler d’une vraie révolution pour les peuples libyens ?  Comment  peut-on construire un meilleur avenir en fermant une seule page obscure sans avoir touché les auteurs ? Et surtout qui a voulu fermer cette page et pourquoi ?

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Le lynchage collectif et médiatique du colonel Mohammar Kadhafi le 20 octobre près de Syrte était sans hésitation un acte de barbarie. Les pays européens et les États-Unis ont salué la mort de Kadhafi, annonçant la fin d’une tyrannie. Le cadeau de l’Occident aux peuples libyens a été une mort atroce d’un dictateur.  Selon Rama Yade, ex-secrétaire d’État aux Droits de l’Homme, ce lynchage était "un succès pour Nicolas Sarkozy" et "au final, la France peut être fière"

  • Un message envoyé à Ahmadinajad et à Assad ?

La question est : « comment peut-on construire un meilleure avenir sur un acte barbare ? » Voila ce qu’offrent la France et ses alliés aux peuples libyens. Cependant, on ne peut pas considérer cette situation comme un seul acte de vengeance des « opposants », mais aussi un message politique envoyé aux autres pays qui attendent leur tour, notamment le président iranien Mahmoud Ahmadinajad et son homologue syrien Bashar al-Assad. « Telle est votre fin si vous ne vous rendez pas »

Le président des États-Unis Barack Obama affirme que la mort du dirigeant déchu  marquait "la fin d’un chapitre long et douloureux" pour les Libyens. "Pour la région, les événements d’aujourd’hui prouvent une fois de plus que les régimes à poigne finissent toujours par disparaître. Dans tout le monde arabe, des habitants se sont levés pour réclamer leurs droits. Les jeunes rejettent avec force la dictature. Et ces dirigeants qui essaient de leur refuser leur dignité n’y parviendront pas", ajoute Obama lors d’une courte allocution à la Maison Blanche.

  • Partage des richesses

Il s’agit également d’un acte de vengeance de l’OTAN qui n’arrivait pas à capturer et faire plier Kadhafi depuis sept mois. Kadhafi est tombé mais la guerre est loin d’être terminée. Une salle guerre de partage des richesses sur les ruines d’un pays continue. La France de Sarkozy a été le premier pays qui a envoyé ses avions sur la Libye, donc la plus grande part de pétrole revient à elle avec 35%.

Les Américains avaient toujours des contacts avec le régime libyen, par contre les relations de la France, du Royaume-Uni et de l’Italie étaient plus « profondes ». Alors que le pétrole était le premier sujet de ces relations, la vente d’armes se plaçait en deuxième position. Après la levée de l’embargo sur Libye en 2003, les intermédiaires en armement n’ont pas perdu de temps pour faire du lobbying.  La vente d’armes à la Libye par les pays européens qui avait rapporté 72 millions d’euros en 2005, s’élevait à 344 millions en 2009. Les principaux fournisseurs étaient bien sûr l’Italie, la France et le Royaume-Uni, ces trois pays qui défendaient farouchement l’intervention militaire en Libye. Le gouvernement anglais avait vendu pour 55 millions de dollar d’armes à ce pays.

  • Enterrement des salles affaires

Les salles affaires avec le régime de Kadhafi ne s’arrêtent pas ici, la liste est très longue. Cependant, cette fin peut être résumée en une phrase : « vendre les armes, déclarer la guerre et occuper ». Ces pays pour qui l’argent et le pouvoir sont les seuls qui comptent, tentent une fois de plus enterrer leurs complicités avec la mort de Kadhafi, sans jugement, comme ils ont fait en Irak, en Afghanistan et ailleurs dans le monde.

  • Où sont la révolution et la dignité humaine ?

Quelle est la place de la mort terrible du Kadhafi dans les révolutions lancées par une étincelle à Tunisie ?  Où sont la révolution et la dignité ? Une chose est sure : Il n’y a pas de pouvoir absolu et Kadhafi ne l’avait pas compris comme les autres. Sa mort a été terrible, pire que Saddam. Mais une mort qui est la preuve qu’un avenir libre est toujours loin d’être arrivé.  

  • Les intérêts éternels

L’intervention militaire en Libye a été aussi contre le printemps des peuples. Les puissants sont intervenus pour limiter et encadrer les revendications des peuples pour la liberté afin de les prendre sous leur contrôle en imposant leurs propres choix. Ils ne s’intéressent pas à la liberté ou à la douleur, ce sont leurs affaires qui comptent. Comme disait l’ancien Premier ministre britannique Lord Palmerston, "Nous n’avons ni alliés éternels ni ennemis perpétuels. Mais nos intérêts sont éternels et nous avons le devoir de les poursuivre."


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