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Caimanes, Los sin agua / Les damnés de l’eau

Dominique Gautier et Jean Ortiz | che4ever.com | 25 janvier 2011

dimanche 30 janvier 2011

Le documentaire de Jean ORTIZ et Dominique GAUTIER dénonce les ravages d’une multinationale "voyoue" Au Chili.

Résumé :

La "Minera Pelambres", confisque l’eau de communautés rurales du centre du Chili et l’empoisonne en toute impunité.

Les villageois résistent depuis 10 ans.

Elle a construit, en pleine Cordillère des Andes, la plus grande poubelle chimique d’Amérique latine.

Les "comuneros" résistent...

Fin 2010, ils ont fait une grève de la faim de 81 jours.



En Chile, una transnacional, la Minera Pelambres, se adueña del agua de unas comunidades rurales, la envenena, con total impunidad.

Los comuneros resisten desde hace 10 años. A finales del año 2010, hicieron una huelga de hambre de 81 días. Un documental acusador de Dominique Gautier y Jean Ortiz.

Un documentaire accusateur de Dominique Gautier et Jean Ortiz.

Merci pour les "comuneros".

Abrazo,
Jean et Dominique


Quelques précisions :

Au Chili, on dit « la Minera », la compagnie minière Los Pelambres, la multinationale Luksic à capitaux japonais et chiliens, comme jadis on disait « la Frutera » au Guatemala, Costa Rica, pour l’United Fruit Company.
La Minera a installé la plus grande poubelle chimique d’Amérique latine (12 bassins de décantation), entre deux massifs de la Cordillère des Andes, dans la zone étroite de la « ceinture du Chili », sur la commune de Los Vilos, province de Choapa, région de Coquimbo. Le site, sans doute classé à haut risque, apparaît masqué sur Goggle earth. Une protection de fait.

Le dépotoir, qui finira par mesurer 240 m de haut, est construit selon la multinationale « en toute légalité » et sans payer quasiment d’impôts. On sait ce que vaut cette légalité, sous des régimes ultra-libéraux, à législation écologique indigente et face aux milliers de grosses enveloppes déjà distribuées par la Minera aux uns et aux autres. D’ores et déjà, le « tranque de relave » (le dépotoir) de El Mauro assoiffe les habitants de la vallée du Choapa, à 8 kilomètres en dessous, empoisonne les nappes phréatiques, les quelques filets d’eau restants, l’air, les animaux, les oiseaux… Nous avons vu des cultures mortes, des plantations de noyers rachitiques. Pour laver son image, la Minera a acheté populations, élus, le maire de Salamanca la considère « un bon citoyen de sa commune » (Revue El Ciudadano, deuxième quinzaine de décembre 2010), journaux, dirigeants, multiplie les actes caritatifs (130 millions de pesos de dons au Telethon), fait apporter l’eau dans les communes par containers. Elle a aussi destructuré les communautés, les relations ancestrales selon le même journal (El Ciudadano) elle a détruit plus de 500 sites arquéologiques, éliminé 70 hectares de canelo (arbre à cannelle), etc.

Selon les habitants en lutte depuis 10 ans (drapeau noir sur les toits des maisons) de la communauté de Caimanes, 1 600 personnes, une décision du Tribunal Suprême, niée par la Compagnie, considère le site géologique impropre à cette installation (sol trop friable, risques sismiques, des pluies abondantes, inadaptation du rideau de sable qui ne prend pas en compte la pression, etc. Dans ce lieu du bout du monde, 11 membres de la communauté dont trois femmes, viennent de faire 81 jours de grève de la faim, sans aucune négociation au bout, une mesure extrême de désespoir et de colère. La Minera les a accusés de « vouloir obtenir des avantages économiques en mettant en danger leur vie » ; plusieurs d’entre eux ont de graves séquelles oculaires, ils ont été condamnés au blocus politique et médiatique total, alors qu’en même temps se déroulait le show, l’hypermédiatisation, le sauvetage des 33 mineurs de San José de Atacama, véritables stars. Aujourd’hui, un groupe d’actionnaires se charge de gérer leurs intérêts, leur image (Le Mercurio, 31/12/2010).

Juan Villalobos et Juan Ruiz, porte-paroles du Comité de défense de Caimanes, nous indiquent que « 1 800 tonnes de déchets entrent chaque jour. La Minera a obtenu l’autorisation, à base de subterfuges, et a acheté les autorités. L’eau que nous buvons est jaune, et les récipients qui la font bouillir deviennent verts. C’est le résultat de l’arsenic, du plomb, et autres métaux lourds. La Minera joue avec nos vies . Un jour, en quelques secondes, le village de Caimanes sera rayé de la carte ».

Le maire pineriste de Los Vilos, Juan Jorquera Nino de Cépeda, ville a laquelle est rattachée Los Caimanes, nous reçoit sans langue de bois : « Je n’ai pas de faculté légale pour intervenir face à la Minera. Je ne peux même pas accéder au site. La volonté politique du gouvernement est insuffisante. » L’Etat dit que les normes légales sont remplies, « nous sommes des municipalités ‘mendiantes’. Pendant les 81 jours de la grève, jamais la presse n’a dit un mot. La Minera est au-dessus de nos lois. » Le Ministre de l’industrie minière considère, toute honte bue, qu’il s’agit d’une « affaire privée ». Le président du Sénat, Jorge Pizarro, reconnaît devant nous « la faiblesse des normes de 1994, lorsque la Minera s’est installée, l’inexistence d’un cadre légal environnemental. Notre pays, et plus particulièrement la région minière d’Illapel, est semé de nombreux « relaves », sans aucun contrôle, sana cadastre pour les recenser. Nous sommes face à un grave problème et nous commençons à prendre des mesures, mais les multinationales ont beaucoup d’argent et de force de persuasion. Il y a eu quelques audits, mais il est difficile de faire confiance à ces contrôles, étant donnée la puissance de la Minera.

Au pays de l’ultra-libéral Pinera, qui revendique comme modèle Sarkozy, on peut séquestrer l’eau et empoisonner toute une communauté en toute impunité.

Jean ORTIZ.

De Caimanes (Chili).


Transmis par xian.durand

Sat, 29 Jan 2011 17:23:42 +0100


Voir en ligne : Caimanes, Los sin agua / Les damnés de l’eau

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