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Tarnac : enquête ouverte sur des écoutes sauvages

Karl Laske | mediapart.fr | vendredi 13 mai 2011

samedi 14 mai 2011

C’est un dossier que les juges antiterroristes n’ont pas osé ouvrir.
Comme ils ont écarté la plupart des vérifications qui pouvaient
embarrasser les policiers dans l’affaire de Tarnac. En mars 2008,
un agent de France Télécom avait découvert et débranché un dis-
positif d’écoutes des lignes téléphoniques de l’épicerie du village,
reprise quelques mois plus tôt par les militants.

Ces « branchements » avaient été repérés peu avant l’ouverture
d’une enquête préliminaire sur le groupe de Tarnac, mais surtout
plus de huit mois avant les sabotages des lignes TGV. Aucune
écoute légale ? administrative ou judiciaire ? n’était en cours à
l’époque. Une équipe parallèle était, semble-t-il, déjà au travail
pour incriminer les militants.

Après avoir signalé, en vain, les faits aux juges antiterroristes,
Benjamin Rosoux, le militant devenu épicier à Tarnac, a donc dé-
posé plainte, le 5 février à Brive-la-Gaillarde, pour « interception
de correspondances » et « atteinte à l’intimité de la vie privée ».
Cette fois, le parquet a ouvert une enquête, confiée au SRPJ de
Limoges. Des premières auditions ont été effectuées fin avril.
Le magasin général de Tarnac, repris en octobre 2007 par les mi-
litants

Les témoins et les éléments matériels ne manquent pas pour re-
monter cette piste. Fin mars 2008, les gérants de l’épicerie s’aper-
çoivent d’une panne de leur terminal de carte bleue. Ils se tournent
vers leur banque et l’agence France Télécom (FT) d’Ussel. Après
avoir réalisé plusieurs essais, c’est le technicien envoyé par l’opé-
rateur qui trouve un dispositif d’écoutes dans le central télépho-
nique du village. Le signal du terminal CB était perturbé par la
« dérivation ». L’agent prévient son chef d’équipe qui l’autorise à
retirer le dispositif : un boîtier en plastique connecté à l’arrivée de
la ligne par des fils jaunes et bleus.

Le paiement en carte bleue est rétabli à l’épicerie, mais les pro-
blèmes commencent pour les agents de FT. Le technicien et son
chef d’équipe sont convoqués à Bordeaux. Et le directeur régio-
nal, lui-même, doit monter s’expliquer à Paris. Une procédure dis-
ciplinaire est engagée contre le technicien, non pas pour avoir dé-
branché l’écoute, mais pour l’avoir fait devant l’un des gérants de
l’épicerie, entré avec lui dans le local technique. Il écope d’une
mise à pied assortie de quinze jours de suspension. La procédure
disciplinaire multiplie par trois ou quatre le nombre de témoins
aujourd’hui. Puisque les faits ont aussi été débattus devant la com-
mission régionale de discipline, où le technicien était défendu par
un délégué du personnel de la CFDT.

L’enquête dira si la dérivation bénéficiait de l’aval du service of-
ficiellement chargé du suivi des écoutes judiciaires et administra-
tives chez France Télécom, installé à Montrouge. Contacté par les
avocats des militants de Tarnac, l’opérateur avait prétendu qu’il
ne disposait plus de l’historique de ses interventions techniques
en 2008.


Transmis par Jean-François Rous

Sat, 14 May 2011 07:25:02 +0200

Merci pour votre livraison hebdomadaire toujours si riche.

Je vous passe un article publié hier par Médiapart : les méthodes de certains ’plombiers’ sont ... singulières.

Courtoisement.

JF R


Voir en ligne : Tarnac : enquête ouverte sur des écoutes sauvages

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