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À propos de pauvreté

stanleypean.com | 17/02/2011

samedi 19 février 2011


J’ai reçu ce matin une lettre ouverte signée de la main du poète Anthony Phelps, à propos d’Haïti et de la formule consacrée qui lui est systématiquement accollée du même souffle dès qu’il est question de ce tiers d’île au destin tourmenté. Je m’empresse de la partager avec les lecteurs et lectrices de mon blogue.


Le plus pauvre du monde

À mes ex-consœurs et confrères de Radio-Canada,
Également à ces jeunes journalistes de la salle des nouvelles TV et Radio,

Depuis un peu plus d’une année, je me sens agressé par ceux et celles qui furent des confrères, des consœurs, à Radio-Canada, également par des nouveaux venus, qui, dans leurs nombreuses interventions sur Haïti, ne ratent pas l’occasion de le qualifier de « pays le plus pauvre du monde. »

Bien sûr, il s’agit d’une réalité dont je ne saurais contester la véracité. MAIS, dites-moi, pourquoi telle insistance ? Pourquoi, chaque fois nous lancer cette phrase au visage ? Haïti, le pays le plus pauvre du monde.

Si moi je me mettais à claironner sur toutes les places publiques, si je pouvais intervenir dans tous les bulletins de nouvelles du monde, en soulignant que le Québec a prouvé qu’il est le seul pays au monde, où les hommes n’ont même pas le courage, ne serait-ce que de voter pour leur indépendance. Comment réagiriez-vous ?

Comment vous sentiriez-vous devant telle vérité systématiquement assénée ? Le Québéc ce pays où l’homme a peur de voter pour son indépendance.

J’en ai ras le bol de vous entendre dire, avec contentement, qu’Haïti est le pays le plus pauvre du monde, alors que grâce à ce pays le plus pauvre du monde, le Québec a pu :

1 – mettre en place son nouveau système de soin de santé, dans les années 70, avec l’arrivée de plusieurs dizaines de médecins et d’infirmières venus d’Haïti.

2 – réaliser sa réforme de l’éducation, les cegep, grâce aux dizaines de professeurs et professeures, venus de ce pays le plus pauvre du monde.

3 – implanter sa deuxième université de langue française, les UQ, grâce aux professeurs haïtiens.

N’avez-vous pas honte d’avoir accepté ces intellectuels, ces médecins, infirmières, professeurs, dont vous n’avez pas financé la formation ? Ces femmes et ces hommes, venus du pays le plus pauvre du monde, ont formé nombre de vos enfants. Soigné tant de vos malades ? Encadré combien d’universitaires ?

S’il vous plaît, auriez-vous l’extrême reconnaissance, lorsque vous parlez d’Haïti, de ne plus lui coller cette étiquette méprisante : le pays le plus pauvre du monde ?

Un grand merci et splendide nouvelle année 2011.

Anthony Phelps, poète

Un ancien de la salle des nouvelles TV de Radio-Canada.


Transmis par Frantz Cadet

Sat, 19 Feb 2011 20:21:03 +0000 (GMT)

Tres belle reflexion de Phelps au sujet de la pauvreté d’HAITI

"dans" les carnets web de l’écrivain Stanley Péan

A lire. Bien a vous.


Voir en ligne : À propos de pauvreté

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