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Cons, défilé, dîner, mauvais procès...

Gérard Charollois | ecologie-radicale.org - ldh-toulon.net | dimanche 28 avril 2013

dimanche 28 avril 2013

- le défilé
ldh-toulon.net | dimanche 28 avril 2013
- Le SNJ s’élève contre le mauvais procès fait au Syndicat de la Magistrature
SNJ | snj.fr | dimanche 28 avril 2013
- « Le mur des cons ».
Gérard Charollois | ecologie-radicale.org | dimanche 28 avril 2013



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le défilé
ldh-toulon.net | dimanche 28 avril 2013

Le 21 avril 2013, la droite et l’extrême-droite défilaient ensemble...

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Gilbert Collard (FN) au côté de Christine Boutin, Patrick Ollier, Hervé Mariton ... (UMP) le 21 avril 2013

L’histoire jugera les gros, les petits, les vieux, les jeunes, les sales ... qui ont défilé contre le mariage pour tous, comme elle a jugé ceux qui étaient pour Pétain en 1940, contre le droit de vote des femmes en 1945, contre l’avortement en 1975, pour la peine de mort en 1981 ou contre le Pacs en 1999 [1].


François Morel avait posé la question en avril 2011 : a-t-on le droit de traiter les électeurs du FN de gros cons ?


Aujourd’hui, la question n’est toujours pas résolue si l’on en juge par l’émotion qui a saisi une partie de la classe politique après la révélation de l’existence d’un “mur des cons” à l’intérieur d’un local du Syndicat de la magistrature [2] — un mur où, comme il se doit, Brice Hortefeux figure en place d’honneur.

Mais quel est donc l’homme politique qui a popularisé l’utilisation publique du mot en apostrophant un visiteur du salon de l’agriculture, en octobre 2008 [3] ?


Et qu’avait alors déclaré le ministre de l’Intérieur de l’époque ? « les hommes politiques ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s’essuyer les pieds ».

On essaie un copié/collé ? Ok :

« Les magistrats ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s’essuyer les pieds »

Ouais, ça marche ! Merci Brice ! [4]

Notes

[1] Voir http://blogs.lesinrocks.com/kagansk....

[2] La présidente du Syndicat de la magistrature, Françoise Martres, s’est expliquée sur ce mur de photos qui a déclenché un énorme tollé. Et elle assume : Le “mur des cons” s’attaquait aux idées, pas aux personnes.

[3] Voir : affaire “casse-toi pov’con” : la France condamnée par la CEDH.

[4] Voir le blog de Gilles Devers.







Le SNJ s’élève contre le mauvais procès fait au Syndicat de la Magistrature
SNJ | snj.fr | dimanche 28 avril 2013

Le Syndicat de la Magistrature (SM) fait, à propos de l’affaire du "mur des cons", l’objet d’une attaque en règle qui concerne tout le mouvement syndical, et conduit le Syndicat National des Journalistes à prendre fermement position sur l’effervescence médiatique soulevée par ce non-événement.

Première organisation de la profession et initiateur de la Charte d’éthique professionnelle des journalistes(1918/ 1938/2011), le SNJ rappelle que l’utilisation d’images volées dans un lieu privé, en l’occurence les locaux du SM, est contraire à la déontologie professionnelle la plus élémentaire. Conformément à cette charte, "un journaliste digne de ce nom (...) proscrit tout moyen déloyal et vénal pour obtenir une information", et "n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée".

Or, on ne peut que s’interroger sur l’intention qui sous-tend et la publication des photos de ce mur et le traitement qui en est fait dans la presse :
- Est-ce par hasard si cette affaire vise un syndicat dans une période extrêmement conflictuelle sur le plan social ?
- Est-ce par hasard si cette polémique vise un syndicat de magistrats dont les positions progressistes gênent souvent les pouvoirs en place ?
- Est-ce par hasard si on oublie de rappeler que cette pseudo-information a été produite par un site connu pour ses sympathies "conservatrices" ?
- Est-ce par hasard si on oublie que ces photos ont été exposées dans un lieu privé ?
- Est-ce par hasard si on oublie de rappeler que les magistrats ne sont soumis à une obligation de réserve que dans l’exercice de leur profession et sont pour le reste des citoyens à part entière ?
- Est-ce par hasard si on oublie de rappeler que ce qui se passe dans un local syndical ne regarde que les membres de ce syndicat ?
- Enfin, est-ce par hasard si cette affaire survient dans un temps judiciaire lourd d’affaire épineuses, du "cas Cahuzac" à la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, procédure contestée par l’ancien Président de la République ?

Le Syndicat National des Journalistes appelle tous les confrères à se poser les bonnes questions, à ne pas céder à la pression de la course à « l’audimat » et à refuser de participer à une manipulation de l’opinion qui flatte les pires instincts au mépris d’un traitement pondéré, équilibré et serein de l’information.

Face à une campagne qui vise à nier le respect de la stricte indépendance et de l’autonomie absolue du mouvement syndical, le Syndicat National des Journalistes apporte son plus total soutien au Syndicat de la Magistrature auquel est fait ce mauvais procès.

Paris, le

dimanche 28 avril 2013



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« Le mur des cons ».
Gérard Charollois | ecologie-radicale.org | dimanche 28 avril 2013

Dans un Etat autoritaire, une dictature, une théocratie, la caricature, la satire, la dérision, l’humour, le canular, ces armes contre tout ordre injuste établi sont strictement prohibés, passibles de peines féroces.
En démocratie, ces « polissonneries » sont tolérées, du moins en apparence.

Bien sûr, les lobbies, les puissants tentent de faire taire les contestataires pas polis, pas soumis, qui par le dessin, l’humour, la farce troublent l’anesthésie d’une société sous contrôle.

Un auteur irrespectueux bénéficiera, de la part du système, du qualificatif de pamphlétaire, c’est-à-dire de vieux dégoutant.

Comme cela les dogmes, les grands intérêts, les mensonges ressassés seront bien gardés.

Ne troublez pas le sommeil des sujets du Marché. Vous risqueriez de les réveiller en en faisant des citoyens, c’est-à-dire des militants.

Pour les féodalités, il convient de célébrer la Liberté de pensée, d’expression, de manifester des convictions et de commémorer en grandes pompes les révolutions du passé qu’elles n’auraient pas faites.

Mais, cette célébration accomplie, abstenez-vous d’exercer cette Liberté.

Un fait anecdotique illustre, ces jours-ci, ce syndrome.

La magistrature Française, longtemps bâillonnée à l’instar de la grande muette, s’est libérée grâce à l’action syndicale.

Trois organisations professionnelles de juges apparurent durant ces dernières décennies : Le syndicat de la magistrature (SM), de gauche, l’Union syndicale des magistrats (USM), centriste et l’association professionnelle des magistrats (APM) de droite, aujourd’hui semble-t-il disparue.

Or, une blague de potache est instrumentalisée par les forces réactionnaires contre le SM.

Ce syndicat de juges progressistes possède, en son local, lieu privé, un « mur des cons » où des militants affichent les photos de divers leaders du parti conservateur, particulièrement en pointe dans le combat contre les valeurs de solidarité défendues par le syndicat.

Un voleur d’image, sans doute bien inspiré pour détourner l’attention sur des faits de nature plus sérieuses, capta et diffusa ce « mur des cons », provoquant les clameurs outragées des amateurs d’eau tiède, tous ces « braves gens qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux », celle du troupeau bêlant les idées reçues.

Pour les gens bien, ennemis du mieux, le mot « con » n’est pas convenable, sent son révolté, son pas poli, celui qui ne s’incline pas lorsque passe le cortège de tous les féodaux de tous les temps.

Et puis, vous connaissez la technique du bâillon : le haut fonctionnaire, le magistrat et même le militaire de la gendarmerie doivent servir et donc faire silence.

Ils doivent feindre de ne pas penser, de ne nourrir aucune opinion, de n’avoir aucun avis.

Il serait impensable qu’ils soient socialiste ou écologiste ou réactionnaire, athée ou adepte d’une quelconque chapelle .

Pour être impartiaux, ils doivent être « hors sol », extra-terrestres, de simples machines dépourvues de tout esprit critique.

Pour être impartiaux, probres, dignes, ils doivent jouer à faire semblant de n’être pas humains.

Bien sûr, tout haut fonctionnaire, tout magistrat, tout militaire pense (du moins peut-on l’espérer), mais il est tenu à une obligation d’hypocrisie en laissant croire qu’il ignore toute conviction.

Les tenants de l’ordre établi réussirent à imposer une confusion grotesque entre deux notions sans aucun rapport : l’impartialité, grande vertu, et l’abstention d’expression de la pensée, grande faiblesse.

Dans un temps qui s’égare, vie privée et vie publique ne se distinguent plus, ce qui est dangereux pour la démocratie.

La vie privée existe pour tout individu, fut-il président de la république, ministre, juge, chirurgien ou plombier.

Nul ne peut violer cette sphère d’intimité et de liberté imprescriptible.

La vie publique est en revanche transparente.

L’opinion politique, syndicale, philosophique du juge, du haut fonctionnaire, du militaire et de votre médecin relève-t-elle de sa vie privée ou de la vie publique ?

Il appartient à chaque individu d’opter, mais que cesse cette imposture grossière du décideur déshumanisé qui, parce qu’il ne dit rien sur ce qu’il pense, serait plus objectif, plus impartial, plus honnête que celui qui a le courage d’exposer loyalement sa pensée.

La liberté d’expression est bien évidemment celle de se taire et ce silence est respectable, mais la parole de celui qui s’expose l’est davantage.

Car, ne nous y trompons pas, derrière le silence de beaucoup, derrière leur costume gris muraille, leur conformisme sage ne se cache qu’une prudence carriériste.

Celui qui dévoile sa pensée, quelle qu’elle soit au demeurant, de gauche, de droite ou d’ailleurs, me semble plus digne et plus honnête que celui qui la dissimule par calcul et par servilité.

Le censeur de service réciterait la leçon : « Pour que le citoyen ait confiance en l’administration et la justice, le fonctionnaire et le juge doivent dissimuler leurs pensées ».

Qui songerait à retirer sa confiance à son médecin, son dentiste ou son boulanger sous prétexte qu’ils ont des idées ?

En fait, c’est la peur, d’abord des militaires au 19ème siècle, des juges et autres sachants qui incita les politiques à confondre à dessein des notions parfaitement différentes, à savoir, l’honnêteté intellectuelle, d’une part, le silence imposé, d’autre part.

Un regretté hebdomadaire l’EVENEMENT DU JEUDI, titra naguère, à sa une : « Les cons ». Puis, la semaine suivante : « Les salauds ».

Après le « mur des cons » du syndicat de la magistrature, imaginons, le mur des voyous.

Vous pourriez y épingler les spéculateurs et promoteurs qui ravagent la nature pour s’enrichir à coups de ronds-points dits pots-de-vin, de stations de ski, d’autoroutes, d’aéroports, de pesticides, de gaz de schistes.

Et puis, vous construiriez le mur des salauds, avec tous ceux qui tuent, torturent, massacrent par pur sadisme.

Quand aux cons, « le temps ne faisant rien à l’affaire », pour les consoler, pour recueillir leurs cris outragés, nos amis syndiqués devraient leur offrir un dédommagement, une juste réparation.

Je suggérerais, par exemple : un dîner !

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ECOLOGIE ETHIQUE ET RADICALE


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Voir en ligne : Le SNJ s’élève contre le mauvais procès fait au Syndicat de la Magistrature

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