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Un "Robin des bois" en Andalousie

Sandrine Morel | lemonde.fr | mercredi 29 août 2012

vendredi 31 août 2012

lemonde.fr


Un "Robin des bois" en Andalousie
Sandrine Morel| lemonde.fr | mercredi 29 août 2012

José Manuel Sanchez Gordillo entame une marche de trois semaines pendant laquelle il sillonera l'Andalousie, encourageant d'autres maires à ne plus obéir à la politique d'austérité du gouvernement.
José Manuel Sanchez Gordillo entame une marche de trois semaines pendant laquelle il sillonnera l’Andalousie, encourageant d’autres maires à ne plus obéir à la politique d’austérité du gouvernement. | REUTERS/JON NAZCA



Héros ou vandale ? Humaniste au grand coeur ou marxiste mégalomane ? Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire depuis trente-trois ans de la petite commune de Marinaleda dans la province de Séville, en Andalousie, député au Parlement régional pour Izquierda Unida, la gauche unie (écolo-communistes, IU), et membre du Syndicat andalou des travailleurs (SAT), concentre au moins autant de critiques que de louanges sur sa personne.

Connu pour avoir mené,
dans les années 1980 et 1990, des campagnes
d’expropriation visant à redistribuer
la terre aux paysans ou pour avoir
développé l’autoconstruction de logements sociaux loués 15
euros par mois, celui que la presse a vite surnommé le
"Robin des bois andalou" est revenu sur le devant de la
scène médiatique en août, après avoir conduit une opération
symbolique du SAT dans deux supermarchés de la région. Le
7 août, à Arcos de la Frontera et à Ecija, des dizaines de
personnes ont rempli une vingtaine de chariots de denrées
de première nécessité avant de partir
sans payer. Ils ont
ensuite distribué le butin à différents services sociaux et aux
habitants dans le besoin de La Corrala Utopia, à Séville,
un ensemble de quatre immeubles vides squattés depuis
trois mois par trente-six familles en situation de "danger
social"
, selon
les termes des "indignés" qui ont organisé l’occupation et
leur relogement.

"CE N’EST PAS UN VOL"

"Ce n’est pas un vol, se défend M. Gordillo. Un
vol, c’est ce que font les banques qui achètent de la
dette à la Banque centrale européenne à 0,7 % et la
vendent à l’Espagne à
7 %. Ce que nous avons fait est un acte d’insoumission
pour dénoncer le fait qu’il existe des familles qui ne
peuvent pas se payer
de quoi manger."

L’action, qui plus est menée par un élu, a provoqué un
vif débat dans une Espagne rongée par la crise où les
actes de désobéissance civile, certes pacifiques mais qui
touchent tous les échelons de la société, se multiplient à
mesure qu’augmente la pauvreté et que grandit un sentiment
d’injustice sociale.

Occupations d’édifices privés à l’abandon par des
personnes dans le besoin, rassemblement massif pour
empêcher les huissiers d’appliquer
les ordres d’expulsion immobilière, opposition de médecins
et d’infirmiers à la consigne de ne pas soigner les immigrés sans
papiers comme l’exige une nouvelle loi, ou encore refus de
plusieurs présidents de région d’appliquer les coupes, dans
la santé et l’éducation, que demande le gouvernement
central, sont autant de signes de la colère des Espagnols,
de leur désespoir aussi, alors que 25 % de la population active est sans emploi et qu’1,7 million de
foyers comptent tous leurs membres au chômage.

En Andalousie, la situation est encore plus dramatique.
Région touristique et agricole ayant subi de plein fouet
l’explosion de la bulle immobilière, elle est la plus
frappée par la crise, avec un taux de chômage de 34 % et
même de 63 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

Mais cela justifie-t-il le vol de supermarchés ? Les deux
grands partis ont rapidement condamné l’action de M.
Gordillo, et le parquet andalou a ouvert une enquête. Mais une majorité
d’Espagnols a approuvé son geste, comme en témoigne le
sondage réalisé sur le site du journal pourtant
conservateur El Mundo, selon lequel 54 % des
internautes ont considéré que "le hold-up" était
"justifié".

50 % DES TERRES DÉTENUES PAR 2 %
DES PROPRIÉTAIRES

M. Gordillo, de son côté, a décidé de surfer sur le vent de
rébellion qui souffle en Andalousie et a organisé des "marches
ouvrières"
à travers les provinces andalouses pour
exiger "l’abolition
des coupes budgétaires et de la réforme du travail"
-
le gouvernement de Mariano Rajoy prétendant économiser
plus de 100 milliards d’euros en deux ans, par le biais de
l’augmentation de la TVA, de la baisse du salaire des
fonctionnaires ou encore de la réduction des aides aux
chômeurs. M. Gordillo plaide aussi pour "la cession
des terres publiques aux travailleurs"
, "la
fin des expulsions immobilières"
, ou encore pour
que "les dettes des banques soient payées par les
banques"
, en référence à l’aide de 100 milliards
d’euros sollicitée par le gouvernement auprès de l’Union européenne pour
recapitaliser le secteur.

La troisième "marche ouvrière" a eu lieu lundi 27 et
mardi 28 août, dans la province de Cadix, puis ce sera
celles de Grenade, Malaga et enfin Séville, du 5 au 7
septembre. L’occasion de sensibiliser
l’opinion sur la situation des travailleurs agricoles. "Avec
l’éclatement de la bulle immobilière et la destruction
des emplois dans la construction, il y a deux fois plus
de personnes qui postulent pour travailler dans les
champs. Mais il n’y a pas de travail pour tout le monde"
,
explique Lola Alvarez, responsable du SAT de Cordoue, qui
coordonne l’occupation du domaine public de Somonte.
Propriété du gouvernement andalou, ce terrain de 400
hectares inutilisé, avec trois bâtiments vides, est occupé
illégalement depuis le 4 mars par vingt-cinq personnes qui
y cultivent de quoi se nourrir.
"Il n’est pas acceptable, alors que des familles sont
contraintes de faire
les poubelles à la sortie des supermarchés, qu’une terre
aussi fertile ne soit pas exploitée"
, poursuit Mme
Alvarez.

"En Andalousie, 50 % des terres sont détenues par 2 %
des propriétaires"
, dénonce aussi M. Gordillo, qui
soutient les "récupérations de terres". En 1991,
le maire avait obtenu du gouvernement andalou
l’expropriation du duc del Infantado, jusqu’alors
principal propriétaire terrien à Marinaleda. Il en a fait
une coopérative municipale employant plus de quatre cents
personnes, devenue le symbole de sa gestion particulière.
Aujourd’hui, le mouvement d’expropriation connaît un
nouveau souffle, alors que l’Andalousie s’enfonce dans la
misère.



Sandrine Morel




Texte transmis par Yves B.
Fri, 31 Aug 2012 23:27:04 +0200




Charla Debate a cargo de Juan Manuel Sánchez Gordillo en la Casa de la Cultura de Coin, el día 20 de Enero de 2012. Organiza Asociación Cultural de Progreso y Libertad VIVA COIN.





2ª Parte de la Charla Debate sobre "Otras Políticas son posibles" a cargo de Juan Manuel Sánchez Gordillo, en la Casa de la Cultura de Coín, el pasado día 20 de Enero 2012. Organiza Asociación Cultural de Progreso y Libertad VIVA COÍN.





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Vidéos transmises par Marina
Sun, 26 Aug 2012 16:55:24 +0200






Voir en ligne : Un "Robin des bois" en Andalousie

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