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à l’attention de Manuel Valls

ldh-toulon.net | vendredi 17 août 2012

vendredi 17 août 2012

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à l’attention de Manuel Valls
| ldh-toulon.net | vendredi 17 août 2012

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Il y a seize ans, au matin du vendredi 23 août 1996, des gendarmes mobiles
ouvraient à coups de hache la porte de l’église parisienne Saint-Bernard et
en évacuaient de force 300 personnes “sans papiers”, des femmes, des hommes et des enfants. En réaction, de 10 à 20 000 manifestants – parmi lesquels François Hollande et Martine Aubry – ont défilé le jour même, de la République à la Nation, pour dénoncer la politique du gouvernement d’alors et ses lois Pasqua.

Au printemps dernier, la majorité des électeurs a sanctionné la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy et de ses gouvernements, ainsi que la reprise des discours qui étaient jusqu’alors l’apanage de l’extrême droite raciste et xénophobe.

Aujourd’hui le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’en prend aux Roms, se retranchant derrière des décisions de justice bien souvent sollicitées par des maires de gauche. Albert Jacquard l’avait rappelé il y a 16 ans, et François Hollande l’a redit récemment : en 1942 le gouvernement de Pétain, lui aussi, appliquait la loi ...

Il faut aujourd’hui que tous ceux qui ont à cœur le respect des Droits de l’Homme manifestent publiquement leur refus de cette politique répressive qui en constitue la négation.



Roms : les mauvaises actions du gouvernement.

par Albert Herszkowicz, Memorial 98, le 16 août 2012

Alors que l’urgence sociale et économique est au cœur des préoccupations du pays, le gouvernement choisit de mettre en scène une campagne de répression et d’expulsions contre les populations Roms. Tout le déploiement habituel, hérité de Sarkozy et Guéant, est au rendez-vous : destruction de campements, charters d’expulsion…

Le ministère de l’Intérieur et des maires de gauche se retranchent derrière des décisions de justice, mais ce sont bien eux-mêmes qui sollicitent ces décisions et les font appliquer, parfois très brutalement.

Dans une choquante correspondance de dates, cette campagne est organisée 2 ans jour pour jour après le fameux et funeste discours de Sarkozy à Grenoble, le 30 juillet 2010. Il avait annoncé la fin des « implantations sauvages de campements de Roms », lançant ainsi, sous l’œil des caméras, une vague d’expulsions pendant l’été [1].

Les réactions nationales et internationales avaient été vives : de Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la Justice et de la Citoyenneté qui avait qualifié l’attitude du gouvernement français de « honteuse » au pape Benoît XVI qui avait déclaré :« les discriminations ethniques ou raciales n’ont pas leur place En Europe ». En France, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, avait dénoncé une « dérive anti-républicaine ». Le 4 septembre suivant, d’importantes manifestations unitaires s’étaient déroulées dans différentes villes à l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme [2]. Le 28 juin 2011, la France avait été condamnée par le Conseil de l’Europe pour sa politique contre les Roms, cette dernière constituant, selon le Conseil, une violation aggravée du principe de non-discrimination.

La défaite de Sarkozy n’a donc pas changé la donne pour les Roms. Les expulsions continuent puis, lorsqu’il ont été jetés de leurs campements, on ne leur propose toujours aucune solution de relogement digne. Et cela, malgré les déclarations de François Hollande qui avait souhaité, lorsqu’il était candidat, « que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées. On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution. Cela les conduit à s’installer ailleurs, dans des conditions qui ne sont pas meilleures ».

On s’en prend une fois de plus à ceux qui sont les plus faciles à frapper. Les Roms ne disposent d’aucune institution protectrice, ni d’Etat qui se porte à leur secours ; au contraire leur pays d’origine les discriminent et les abandonnent à leur sort [3].

Le ministre de l’Intérieur rejette la responsabilité de la situation actuelle sur les pays d’origine, comme s’il ne connaissait l’ampleur des discriminations dont y sont victimes les Roms et la violence des campagnes d’extrême droite les stigmatisant. Leur histoire de persécutions y est niée, notamment les massacres dont ils furent victimes de la part des nazis [4].

Les avertissements adressés à Valls n’ont pas manqué, de même que les propositions concrètes pour améliorer la situation.
Le collectif Romeurope en particulier mène un travail de grande ampleur en lien avec les populations Roms et les habitants des localités concernées. Nous soutenons son combat.

Dans les semaines à venir, il faudra que se manifeste publiquement, dans la rue, le refus de cette politique répressive, contraire aux valeurs qui ont amené à battre Sarkozy. Nous déclarions alors que les illusions n’étaient pas de mise et écrivions à propos de François Hollande [5] « … Nous savons que dans son entourage se trouvent aussi des personnages qui, tel Manuel Valls, peuvent utiliser une rhétorique douteuse… ». C’est dès maintenant que tous ceux qui se réclament de l’anti-racisme doivent mettre le holà à ses agissements.

Albert Herszkowicz


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Sarko craque (Plantu, Le Monde daté du 16 août 2012)

Une décision de justice reconnaissant la primauté de la conscience individuelle sur le droit positif [6]

En novembre 1996, le syndicat Alliance avait fait assigner Albert Jacquard, en raison de propos qu’il avait tenus à la télévision au cours de l’émission "les Quatre vérités" sur France 2. En effet, commentant l’évacuation de l’Eglise Saint-Bernard par les forces de l’ordre, le 23 août 1996, Albert Jacquard avait notamment déclaré :

« Donc j’espère que Monsieur Xavier Emmanuelli démissionnera dans la journée et que d’autres ministres, tous ceux qui ont vraiment à coeur l’honneur de la France, démissionneront. Il faut leur rappeler ce qui s’est passé en 43, en 43 aussi le gouvernement de Pétain appliquait la loi... »

« C’est mon devoir de Français et aujourd’hui [...] c’est le devoir de tous les Français d’aller à Saint-Bernard pour dire non et c’est même le devoir des forces de l’ordre. Sinon elles vont avoir exactement la même attitude que les flics français quand ils sont allés au Vel d’Hiv. »

Le syndicat de policiers avait considéré que ces propos étaient « constitutifs du délit d’outrage envers une personne dépositaire de l’autorité publique » et « du délit de diffamation publique envers des fonctionnaires publics », estimant que « le fait de comparer l’intervention des fonctionnaires de police chargés de l’évacuation de l’église Saint-Bernard à la rafle du Vel d’Hiv est outrageant et infamant à leur égard ».

Devant le tribunal, Albert Jacquard, représenté par Me Jean-Jacques de Félice, a exposé que ses propos ne pouvaient être considérés comme fautifs, « s’agissant d’un appel au respect d’obligations inscrites dans la Déclaration des Droits de l’Homme, dans la Constitution ou dans la Convention Européenne des Droits de l’Homme. »

Le TGI de Paris a débouté par un jugement du 5 novembre 1997 le syndicat Alliance de toutes ses demandes, avec les attendus suivants :

« en s’adressant aux forces de l’ordre public, en les appelant à la désobéissance et en comparant, au cas où il ne serait pas entendu, leur attitude à celle qu’ont eue les “flics” français quant ils sont allés au Vel d’Hiv, Albert Jacquard, dans une objurgation qui ne comporte en elle-même aucune connotation péjorative, ni termes de mépris ou d’injure à l’égard de leur fonction, et qui s’inscrit manifestement dans une critique des actes de l’autorité publique, les a invités, selon les convictions personnelles qui sont les siennes, à une prise de conscience qui lui paraissait conforme à ce qu’il estime devoir être l’ honneur de leur profession ; »

« quelqu’excessive que puisse être ressentie par ceux auxquels elle s’adresse la comparaison avec l’attitude de leurs prédécesseurs dans les mêmes fonctions durant la période de l’occupation, ces propos, se référant explicitement, dans un contexte politique, à un devoir qui, selon leur auteur, s’impose à tous lorsque les circonstances font apparaître une contradiction entre le droit positif et la conscience individuelle, ne sont pas de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect des membres de la profession en cause ; »

Le jugement a été confirmé en appel le 21 mai 1999.

Mais qu’en pense Manuel Valls ?


Le 19/20 de France 3, le 23 août1996 (2min 17s)



Voir en ligne : à l’attention de Manuel Valls

Messages


  • Le changement commencera-t-il la semaine prochaine ?
    LA VOIX DES RROMS | rroms.blogspot.fr | vendredi 17 août 2012

    La voix des Rroms salue l’initiative d’une réunion interministérielle et d’une consultation des associations. Espérant que cette réunion marquera le début d’un traitement global de la situation de quelques 15 000 Rroms roumains et bulgares en situation de précarité, La voix des Rroms souhaite contribuer à une telle démarche avec son expertise de terrain. Elle l’a fait savoir dans un courrier adressé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, où elle mentionne aussi l’écueil que représentent les "villages d’insertion", présentés par leurs promoteurs comme une "alternative". Par ailleurs, cette dérive fait l’objet d’une tribune à paraître au journal Libération ce vendredi 17 août.

    Ci-dessous, le courrier au Premier ministre

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    Monsieur le Premier ministre,

    Au nom de l’association "La voix des Rroms", je tiens à féliciter l’initiative d’une réunion interministérielle que vous présiderez au courant de la semaine prochaine. En effet, nous espérons qu’elle marquera le début de changements importants, non seulement pour les quelques 10 à 15 000 Rroms de citoyenneté roumaine et bulgare en situation de précarité, mais aussi de l’ensemble de la population française, y compris les quelques 500 000 Rroms.

    Au vu de nos expériences, il nous semble essentiel d’assurer un accès effectif au droit commun pour chaque catégorie de personnes, et la perspective de la levée des restrictions à l’accès à un emploi en France pour les ressortissants roumains et bulgares nous réjouit. Il est vrai qu’elle ne suffira pas à elle seule à résoudre les problèmes rencontrés par ces familles, mais elle constitue la base sans laquelle toute autre mesure resterait vaine.

    L’annonce à la presse d’une consultation des associations nous donne de l’espoir. En effet, l’expertise de terrain des associations, comme celle des élus locaux, est précieuse et gage de réussite. Un bilan objectif des expériences menées ces dernières années dans un certain nombre de villes devrait permettre à la fois la mise en commun et l’échange des connaissances et des compétences et l’évitement d’erreurs qui ont pu être commises. Ces expériences sont en effet assez inégales, et celles menées dans votre circonscription par exemple se distinguent positivement par rapport à d’autres, comme les dispositifs dits « villages d’insertion », notamment en Seine-Saint-Denis.

    Comptant en son sein une majorité de Rroms, y compris parmi la population qui fera l’objet de votre réflexion, notre association a acquis une expertise considérable. Nous souhaitons vivement la mettre à contribution de la réflexion et des actions à venir. C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous demander de nous y associer en nous invitons à la réunion prévue la semaine prochaine.

    Dans cette attente, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma très haute considération.

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