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BP pollue aussi les études sur la marée noire

| terra-economica.info | 19 avril 2011

mardi 26 avril 2011

Un an après la catastrophe de Deepwater Horizon, les scientifiques continuent évaluer l’impact de la marée noire dans le golfe du Mexique. Et, selon le Guardian, BP aurait tenté d’orienter certaines études.

Un an que Deepwater a explosé, tuant au passage 11 personnes, avant de couler. Pendant plus de 150 jours, 4 millions de barils de brut se sont déversés dans le golfe du Mexique, signant d’une ombre brune la plus grande marée noire de l’histoire des Etats-Unis. Un an après, le pétrole encrasse toujours les zones humides et pollue l’océan. Sur leur blog, les correspondants de Libération aux Etats-Unis publient quelques photos des séquelles repérées à une soixantaine de kilomètres de la Nouvelle-Orléans. La faune aussi fut largement touchée. 6 000 oiseaux, 600 tortues de mer et 100 animaux marins auraient péri selon le Conseil pour la défenses des ressources naturelles (NRDC), une ONG américaine. Pourtant « les dégâts subis par l’environnement depuis la fuite du puits accidenté semblent bien moins catastrophiques que les pires prévisions, selon certains habitants et experts », assure l’agence Reuters.

Qui croire ? En tout cas les recherches ne sont pas finies. Loin s’en faut. En mai, soit un mois après la catastrophe, British Petroleum annonçait la création du fonds GRI (Initiative pour la recherche dans le golfe de Mexique). Soit 500 millions de dollars (350 millions d’euros) dispensés sur dix ans pour financer les recherches scientifiques indépendantes dans le golfe. Indépendantes vraiment ? Le Guardian a des doutes. Tuyauté par Greenpeace, le quotidien britannique a publié le 15 avril des échanges de mails internes à la compagnie pétrolière. Dans l’un d’eux, daté du 24 juin 2010, un expert en environnement employé par la compagnie s’interroge : « Pouvons-nous orienter le GRI vers une étude spécifique ? ». Dans un autre, une employée résume une réunion interne destinée à déterminer quelles études mener dans l’intérêt de la compagnie : « Pouvons-nous encourager la recherche par exemple vers l’écologie de la restauration ? », s’interroge-t-elle.

De quoi aggraver encore l’inquiétude des scientifiques déjà alertés par l’intronisation des gouverneurs – et non d’une direction scientifique – à la tête du fonds. Aura-t-on vraiment un jour un compte rendu fiable des effets de la marée noire ? C’est en tout cas indispensable. Car BP ne risque pas qu’un simple coup de règle sur les doigts, rappelle le Guardian. Le pétrolier britannique pourrait potentiellement être appelé à régler des milliards de dommages et intérêts ou pourquoi pas finir devant une cour pénale. Or sa responsabilité dépendra en partie des conclusions des scientifiques sur la quantité de pétrole déversée et des dégâts engendrés. Reste que si BP a tenté d’orienter les recherches, il n’y a aucune certitude qu’elle ait réussi sa manœuvre. Depuis, les autorités du GRI ont mis en place des garde-fous pour protéger son indépendance, souligne encore le quotidien britannique.


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