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À qui profite la sécurité sanitaire des aliments ? Les profits des entreprises contre la santé des populations (2)

| grain.org | mai 2011

vendredi 27 mai 2011

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Les États-Unis ont une approche légèrement différente dans leurs exigences. Pour commencer, on estime généralement que les États-Unis ont des normes moins rigoureuses que l’Europe en ce qui concerne les résidus de pesticides et de produits chimiques. En fait, Bruxelles semble être engagé dans une espèce de querelle constante avec Washington. Par exemple, les volailles américaines destinées à l’exportation sont habituellement trempées dans du chlore juste avant leur expédition. Cette opération est destinée à tuer les bactéries qui se sont accumulés dans les carcasses des volailles au cours du processus typique d’ « élevage industriel » américain. 16 Les Européens n’autorisent pas l’importation de poulets qui ont été baignés dans le chlore et aucune volaille américaine ne peut arriver sur le marché de l’UE. Les États-Unis effectuent également moins de contrôles physiques sur leurs propres importations de produits alimentaires. Par exemple, ils n’examinent que 2 % du total des arrivées de poissons, alors que quelque 80 % du poisson consommé aux États-Unis est importé. Ce laxisme donne un exemple du système américain de sécurité sanitaire des aliments, qui a longtemps reposé sur l’autocontrôle des industriels, notamment à travers des vérifications dans le cadre de l’Analyse des risques et la maîtrise des points critiques (HACCP), plutôt que sur la supervision des autorités et la responsabilisation. 17

À la table des négociations commerciales, le gouvernement américain est bien connu - et redouté - pour pousser à des normes laxistes sur les aliments génétiquement modifiés. D’ailleurs, un câble diplomatique révélé par Wikileaks montre que l’administration Bush fait pression sur le gouvernement français pour que ce dernier assouplisse sa politique contre les OGM. Dans un télégramme de 2007, l’ambassadeur américain en France est allé jusqu’à suggérer que « nous mettons au point une liste cible de mesures de rétorsion qui vise à être assez douloureuse pour l’UE dans la mesure où [l’acceptation des OGM] est une responsabilité collective, mais qui se concentre également en partie sur les principaux coupables. » Il ajoute : « La liste doit faire preuve de mesure plus que de dureté et être tenable à long terme, car il ne faut pas s’attendre à une victoire rapide. » 18

Une telle « diplomatie » sert clairement et directement les intérêts de Monsanto, DuPont et d’autres sociétés de biotechnologie agricole qui n’aiment pas que des pays étrangers interdisent des semences ou des aliments OGM, et sont beaucoup moins désireuses d’avoir des étiquettes qui informent les consommateurs de la présence d’ingrédients génétiquement modifiés. Des entreprises américaines, en particulier les membres de la Biotechnology Industry Organisation, utilisent religieusement les négociations sur les ALE par des représentants de Washington comme une plateforme pour obtenir un accès au marché pour les OGM par une politique agressive de réformes réglementaires. 19 Outre les OGM, la politique commerciale des États-Unis est également considérée comme déstabilisatrice pour la souveraineté des autres pays en matière de sécurité alimentaire et de questions de santé, dans la mesure où Washington exige régulièrement l’assouplissement des règles contre l’importation des produits agricoles américains que d’autres jugent à risque, tels que le bœuf (ESB, hormones), le veau (hormones), le poulet (chlore) et le porc (grippe porcine).

Les États-Unis et l’UE ont pourtant beaucoup en commun (voir Encadré :. « Comment l’Union européenne et les États-Unis utilisent les accords de libre échange pour imposer leurs normes alimentaires »). Pour les exportations alimentaires qui leur sont destinées, les deux sont attachés au processus d’inspection et d’accréditation de fermes, de pêcheries ou de fabricants particuliers qui satisfont ou dépassent les normes américaines ou de l’UE (voir Encadré : « Le piège des bonnes pratiques agricoles »). Si cette approche peut paraître extraordinairement protectrice pour les consommateurs de l’UE ou des États-Unis, elle ouvre aussi la voie à une prise de contrôle et une concentration des entreprises. Par exemple, lorsque l’UE a levé une interdiction de six ans sur l’importation de volailles chinoises en 2008, en réalité, elle n’a donné son feu vert qu’à un tout petit nombres d’usines de transformation de la viande de la province de Shandong, agréées pour une exportation vers l’UE, et l’une d’entre elles avait été rachetée seulement deux semaines plus tôt par Tyson, la seconde entreprise mondiale de transformation de viande. 20 Les États-Unis et l’UE ont également créé des comités bilatéraux avec leurs partenaires commerciaux pour poursuivre les discussions sur « l’harmonisation », en vue d’élaborer des pratiques de sécurité sanitaires des aliments faisant l’objet d’un accord mutuel mais aussi des normes, y compris de nouvelles normes internationales. L’UE utilise ces mécanismes pour poursuivre sa stratégie d’introduction du « bien-être animal » dans le pool des normes du commerce mondial de l’alimentation.

Les Accords de libre échange (ALE) ne sont bien sûr pas seulement utilisés par les États-Unis et l’UE pour mener des batailles sur la sécurité sanitaire des aliments. Des pays comme l’Inde, l’Australie ou le Brésil ne se contentent pas d’être soumis aux pressions des États-Unis ou de l’UE. Ils ont leurs propres normes sanitaires, leurs stratégies et leurs besoins. L’Inde, par exemple, grâce à une stratégie d’ALE qui a progressivement mûri, mène une lutte difficile pour augmenter les investissements étrangers tout en gardant néanmoins le contrôle des marchés agricoles. Lors de la visite du président américain Obama en Inde en novembre 2010, le ministre indien de l’Agriculture, Sharad Pawar, a clairement indiqué que les États-Unis pouvaient produire toutes les études scientifiques qu’ils voulaient, et qu’elles seraient respectueusement examinées, mais que l’Inde ne procédera pas à des importations de produits laitiers des États-Unis qui heurtent des sensibilités religieuses nationales. 21 Dans son zèle à signer des ALE, notamment avec l’Australie et les États-Unis, le gouvernement japonais doit aussi marcher sur des œufs sur la question des OGM, dans la mesure où il doit respecter les préférences de son propre électorat pour les produits sans OGM. Des États d’Afrique australe, comme la Namibie, ont soulevé d’importantes questions sur la façon de prendre des initiatives pour faire avancer leurs propres stratégies de « développement » et leurs propres besoins dans les négociations commerciales avec l’UE, dans lesquelles les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) – qui sont très coûteuses à respecter – peuvent affecter les bénéfices au niveau local. La différence est que ces pays ne cherchent pas à changer les normes de sécurité sanitaire alimentaire des autres, ce qui est très clairement le cas pour les États-Unis et l’UE.

Accord de libre-échange UE–Inde : mauvaises nouvelles pour les petits pêcheurs et les poissonniers
Un excellent rapport de Focus on the Global South, en collaboration avec Intercultural Resources, montre comment le futur accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde va avoir une incidence sur les petits pêcheurs et les poissonniers, en particulier les femmes, dans le sous-continent. Les conclusions peuvent être résumées ainsi : i

Ce que l’UE va obtenir de l’ALE UE–Inde
* Des réductions des droits de douane (pour les poissons de l’UE exportés en Inde).
* Des exigences de traçabilité (le poisson importé en UE doit être conforme à la certification de l’UE, et non de la FAO, contre la pêche illégale), ce qui élimine la concurrence des opérateurs indiens.
* Le droit de vendre du poisson indien sur le marché indien (probablement dans les supermarchés).
* Des protections générales pour les investissements (le droit pour les entreprises de l’UE d’aller en Inde et de s’y installer).
* Un traitement national (toutefois il reste encore à voir si l’Inde exemptera l’accès à sa Zone économique exclusive, ce qu’a fait le Chili dans son ALE avec l’UE, ou l’accès à ses zones côtières, tous deux étant essentiels pour les pêcheurs locaux).

Ce que va obtenir l’Inde
* Une légère amélioration de l’accès au marché (les tarifs douaniers de l’UE ne sont déjà pas très élevés), mais au prix de normes de sécurité sanitaire des aliments très élevées (barrières à l’entrée), ce qui n’est d’aucune utilité pour les petits pêcheurs ou négociants.

i Voir « Economic liberalisation and gender dynamics in traditional small-scale fisheries : Reflections on the proposed EU-India free trade agreement », Focus on the Global South Occasional Paper 8, New Delhi, août 2010, http://www.focusweb.org/content/occasional-paper-8-economic-liberalisation-and-gender-dynamics-traditional-small-scale-fishe

De nouvelles normes ouvrent de nouveaux marchés

La sécurité alimentaire, à proprement parler, est une question de prévention des maladies. Mais les limites de ce qu’on peut regrouper sous ce concept peuvent être élargies pour inclure des questions plus larges de qualité des aliments. Les aliments halal, sans OGM, sans cruauté envers les animaux et biologiques sont autant d’exemples de la croissance des marchés qui sont généralement traitées, pour des raisons pratiques, par le régime actuel de sécurité sanitaire des aliments (normes, audits, certification, traçabilité et mécanismes de règlement). De même, au niveau politique, ces considérations sont réglementées par les autorités de sécurité sanitaire des aliments, et dans les négociations commerciales, elles font partie des chapitres ou des accords sanitaires et phytosanitaires. 22 Bon nombre de ces préoccupations plus générales sur la qualité des aliments ne portent pas nécessairement sur les normes de produits, mais sur des processus. Par conséquent, elles ont tendance à être définies et contrôlées par le biais de dispositifs plutôt que des normes en elles-mêmes. Et si on n’y prend garde, elles peuvent être tout à fait arbitrairement définies pour répondre aux besoins des multinationales comme Cargill ou Carrefour, plutôt que par les besoins des communautés locales ou plus généralement par les besoins de santé publique.

Alors que les demandes visant à l’étiquetage des OGM et des aliments biologiques sont relativement mieux intégrées aux régimes de sécurité ou de commercialisation des aliments, une réorganisation est nécessaire en ce qui concerne les aliments halal et les questions de bien-être animal. 23

Le marché des aliments halal, estimé à environ 600 milliards de dollars US, soit 16 % du marché alimentaire mondial de détail, est en pleine expansion, et va continuer à progresser dans les prochaines années. 24 Mais savoir en quoi consiste la nourriture halal est une question extrêmement litigieuse. Il n’y a pas de norme mondiale, et dans un pays donné peuvent coexister des normes différentes ou même concurrentes. 25 Au niveau international, l’Organisation de la conférence islamique est l’instance qui doit résoudre ces problèmes. En 2008, la Malaisie et la Turquie ont décidé d’élaborer conjointement des normes harmonisées ou communes, pour adoption par l’OCI dans son ensemble, mais il est peu probable qu’elles passent sans contestation (voir Encadré : « La religion, comme pratique d’un racket »).

Le bien-être animal est une tout autre question. Elle semble être une préoccupation réglementaire essentiellement européenne mais, de ce seul fait, elle est en train de devenir une responsabilité pour le reste du monde. En 2013, l’UE mettra en œuvre de nouvelles normes sur l’abattage des animaux, y compris sur l’étourdissement, et ces nouvelles normes devront être respectées par toute personne envisageant d’exporter de la viande vers l’UE. Comme on l’a déjà noté, l’UE intègre de plus en plus le bien-être animal dans ses accords commerciaux bilatéraux, en exigeant explicitement de ses partenaires qu’ils travaillent avec l’Union européenne à l’élaboration de normes internationales dans ce domaine. Jusqu’à présent, le Chili, la Corée, la Colombie, le Pérou et l’Amérique centrale ont accepté les demandes de l’UE, en particulier celle de travailler avec les Européens à l’élaboration de normes juridiques mondiales. 26

Au niveau international, l’OIE devrait adopter, très rapidement, un ensemble de principes recommandés pour le bien-être animal dans le cadre du commerce international. 27 Mais qui définit ces principes, et qui les fait respecter en tant que normes internationales ? Il n’y a pas de normes juridiques internationales sur le bien-être des animaux. À l’OIE, le débat voit une opposition entre pays du Nord et pays du Sud. Le principal grief du Sud, c’est que le cadre de l’OIE pour le bien-être animal s’appuie sur les normes privées. Les pays en développement ont déjà une mauvaise expérience des normes privées sur la santé animale et s’attendent à ce que cela se reproduise si la tâche de l’élaboration des normes de bien-être animal échoit à des entités non publiques. 28

Dans ces nouveaux domaines, la véritable question est : qui a créé les normes dont nous discutons, et au profit de qui ?

La religion, comme pratique d’un racket i

Pour certains, l’idée même de formaliser des normes et standards pour la production alimentaire halal a des relents de racket visant à faire de l’argent à partir de la sensibilité spirituelle des gens. Dans un pays musulman comme l’Algérie, pourquoi y aurait-il besoin de légiférer sur ce qui constitue la nourriture halal quand la nourriture produite en Algérie est halal ? La campagne visant à définir ce qui constitue l’alimentation halal, et à communiquer aux consommateurs sur ce sujet, vise en fait à vider les poches des consommateurs musulmans dans les pays chrétiens et non musulmans.

Même aux Philippines, si vous écoutez les reportages des médias sur les prochaines initiatives de la classe politique, on ne pourrait vous blâmer si vous pensez que les efforts visant à développer des normes et garanties nationales sur la nourriture halal visent principalement à faciliter l’exportation de mangues et autres aliments des Philippines vers l’Arabie Saoudite et les États du Golfe voisins. Les éventuels bénéfices pour la population musulmane des Philippines semblent secondaires. Si les États et organisations islamiques font maintenant pression pour une harmonisation des normes alimentaires halal, c’est pour servir des intérêts purement commerciaux.

Proudly halal

Isla Délice, France

i Ce commentaire est basé sur un entretien avec Meriem Louanchi d’AREA-ED en Algérie..

La sécurité sanitaire des aliments, maintenant offerte dans les magasins Walmart

On aurait tort de prendre des querelles diplomatiques ou législatives pour preuve que les gouvernements commencent à prendre réellement au sérieux la sécurité sanitaire des aliments. Bien qu’ils ne regardent pas à la dépense pour s’assurer que les réglementations ne nuisent pas aux marchés à l’exportation de leurs entreprises agro-alimentaires, quand il s’agit de gérer les risques générés par le système alimentaire industriel, ce sont la déréglementation et les attitudes de non-intervention qui prennent le pas. Les gouvernements peuvent définir et administrer le cadre juridique de la sécurité sanitaire des aliments et des normes similaires, mais l’action et le programme sont pour l’essentiel laissés entre les mains du secteur privé. On pourrait même dire que la sécurité sanitaire des aliments reste à peine une question de politique publique dans la mesure où beaucoup de choses dépendent de normes privées, de contrôles volontaires et d’obscurs organismes industriels, tous sous la coupe des plus grandes sociétés agro-alimentaires.

Prenons la situation de la viande de bœuf. Le gouvernement américain insiste sur le fait que le bœuf américain est le plus sûr au monde, mais les acheteurs se méfient. « Si vous regardez les rappels de produits alimentaires au cours des deux dernières années, il y a eu une augmentation significative », explique Frank Yianna, vice-président pour la sécurité alimentaire à Wal-Mart, l’un des plus importants distributeurs de bœuf du pays. La réponse du gouvernement des États-Unis à cette augmentation alarmante des retours de viande : pas de nouvelles mesures. La réponse de Wal-Mart : un ensemble de nouvelles normes qui lui sont propres, auxquelles ses fournisseurs américains de viande bovine devront se conformer d’ici juin 2012. Wal-Mart dit que ses normes offriront à ses clients une « protection supplémentaire » au-delà des tests de recherche d’Escherichia coli et d’autres agents pathogènes que l’industrie de la viande effectue déjà. « C’est vraiment une réponse aux tendances à long terme des rappels de viande », explique F. Yianna. 29

Walmart en Amérique centrale

Les marchés traditionnels sont en train de disparaître rapidement en Amérique centrale. Déjà plus d’un quart des quetzals servant aux Guatémaltèques pour leur alimentation sont dépensés dans un supermarché appartenant à Walmart, et c’est le cas d’un tiers des colones pour les Costaricains. Et pourtant, presque tous les produits horticoles achetés dans la région par les opérations de Walmart en Amérique centrale proviennent de sa propre filiale, Hortifruti, qui s’approvisionne auprès de quelque 1800 agriculteurs. Au Honduras, Hortifruti se fournit auprès de 395 producteurs horticoles sur un total de 18 000 dans le pays, et la plupart des produits proviennent d’un groupe de 45 producteurs préférés, qui ont au moins 4 ha en irrigation au goutte à goutte et disposent de leurs propres camions, tous formés par Bayer aux « bonnes pratiques agricoles ». i En outre, la moitié des produits vendus par les magasins Walmart en Amérique centrale sont importés, en grande partie de grandes exploitations au Chili. ii

i Pour en savoir plus sur Hortifruti, voir Madelon Meijer, Ivan Rodriguez, Mark Lundy et Jon Hellin, « Supermarkets and small farmers : the case of Fresh Vegetables in Honduras », dans E.B. McCullough et al., The Transformation of Agri-Food Systems, Earthscan, 2008 ; Alvarado et Charmel, « The Rapid Rise of Supermarkets in Costa Rica », 2002 ; Berdegué et al., « The Rise of Supermarkets in Central America », 2003.

ii Thomas Reardon, Spencer Hensen et Julio Berdegué, « ‘Proactive fast-tracking’ diffusion of supermarkets in developing countries : Implications for market institutions and trade », Journal of Economic Geography, Vol. 7, N°. 4, 2007.

Les réglementations américaines sur le bœuf, et même les réglementations imposées par le gouvernement japonais aux importations de bœuf américain, ne sont pas suffisantes pour le secteur de la restauration au Japon. Si Tokyo a levé, en 2006, son interdiction sur les bovins américains âgés de 20 mois ou moins, Zensho, la plus grande entreprise japonaise de restauration, exige que les fournisseurs de bœuf américain lui fournissent des garanties spéciales, en particulier concernant l’ESB. En décembre 2010, Zensho a annoncé qu’il avait conclu un accord avec JBS, une société brésilienne qui est l’un des plus grands producteurs de viande bovine aux États-Unis, pour lui fournir du bœuf provenant de bovins certifiés, qui ont été élevés sans aliments contenant des « agents responsables de l’ESB ». Aux termes de l’accord, JBS doit pratiquer une ségrégation des « bovins Zensho » pendant les étapes de transport, de finition et de transformation. JBS doit également veiller à ce que « les bovins Zensho » soient transformés uniquement au début d’un changement de production et seulement après que le matériel et les installations ont été spécialement désinfectés. Les inspecteurs de Zensho seront physiquement présents pour surveiller le processus et le produit final sera commercialisé au Japon sous l’appellation « bœuf Zensho SFC ». 30

Dans le même esprit, l’énorme chaîne de supermarchés Carrefour a annoncé en novembre 2010 qu’elle va commencer à apposer l’étiquetage « Nourri sans OGM » sur 300 produits d’origine animale vendus dans ses magasins sous sa propre marque.

Les clients de ces sociétés pourraient être sensibles à de telles mesures. Mais qu’en est-il pour tous les autres ? La seule responsabilisation dans un tel système est par rapport aux actionnaires, et non pas par rapport au public ; les normes privées ne se préoccupent que du bilan financier. Pour donner un exemple de la façon dont cela peut se passer, les entreprises de volaille en Afrique du Sud retirent régulièrement des supermarchés des quartiers riches des poulets congelés qui ont dépassé la date limite, et les recyclent en les décongelant, en les lavant et en injectant de l’arôme, puis ils les vendent dans des magasins des townships noirs. Les entreprises de volaille refusent d’admettre que la pratique est raciste et affirment qu’ils respectent en fait des normes plus strictes que celles requises par le ministère de la Santé. 31

Résumé : Comment l’Union européenne et les États-Unis utilisent les accords de libre échange pour imposer leurs normes alimentaires

* Faire accepter les OGM (États-Unis).
* Dégager un espace pour élaborer des politiques sur les OGM en dehors du système des Nations Unies (États-Unis).
* Imposer des normes élevées pour limiter la concurrence (UE).
* Exiger l’ouverture des marchés à des aliments interdits ou indésirables (États-Unis).
* Créer des comités bilatéraux pour continuer à définir les politiques, à l’abri de la curiosité du public (les deux).
* Imposer des systèmes d’agrément au niveau de chaque exploitation agricole, qui entraînent une vulnérabilité face à une prise de contrôle par les grandes entreprises (les deux).
* Exiger une coopération bilatérale sur l’établissement de normes internationales, notamment l’élaboration de nouvelles normes (les deux).

Les petits agriculteurs sont les perdants

Une proportion de plus en plus importante des aliments achetés par les consommateurs leur est fournie par les chaînes d’approvisionnement de supermarchés et de sociétés de restauration multinationales (voir Encadré : « Le tsunami des supermarchés »). Ces sociétés exercent maintenant un pouvoir considérable pour décider où l’alimentation est produite et où elle est vendue, et elles veulent de plus en plus souvent imposer exactement la façon dont les aliments sont produits et traités. Les normes alimentaires sont devenues pour ces entreprises un moyen essentiel d’organiser les marchés mondiaux.

Les normes des supermarchés pour les fruits et légumes frais nous en disent beaucoup sur l’identité des gagnants et des perdants dans l’appareil réglementaire des entreprises. Les fruits et légumes frais sont extrêmement importants pour les distributeurs, car ils amènent les consommateurs dans leurs magasins plus régulièrement et tirent l’ensemble des ventes vers le haut. Les supermarchés ont essayé de capter ce marché en offrant de faibles coûts et des assurances sur la qualité. Leur principale stratégie à ce niveau a consisté à s’approvisionner auprès de « fournisseurs privilégiés » qui peuvent fournir d’importants volumes provenant de zones de production à faible coût, assurer la traçabilité du produit jusqu’à l’exploitation agricole, et garantir qu’ils ont été cultivés selon les normes stipulées par les supermarchés.

Le tsunami des supermarchés

Thomas Reardon et ses collègues économistes Spencer Henson et Julio Berdegué ont suivi le développement des supermarchés dans les pays du Sud. Ils constatent que le développement des supermarchés a évolué très lentement en dehors des pays industrialisés entre les années 1950 et 1980. Durant ces années, les supermarchés sont restés confinés à la petite niche de riches consommateurs dans les grandes villes, qui pouvaient se permettre des prix plus élevés. Mais les choses ont changé « de façon brutale et spectaculaire » dans les années 1990.

T. Reardon et ses collègues divisent cette période de « décollage » des supermarchés dans les pays du Sud en trois vagues.

La première vague s’est produite au début des années 1990 dans une grande partie de l’Amérique du Sud, l’Asie de l’Est (en dehors de la Chine et du Japon), le nord de l’Europe centrale et l’Afrique du Sud. Dans ces pays, les supermarchés sont vite passés d’une part de 10 % du marché global de la distribution alimentaire à une part de 50 à 60 %. Au Brésil, le chiffre actuel est de 70 %, et en Argentine Carrefour dispose à lui seul d’une part de de marché de 5 %.

La deuxième vague a commencé dans le milieu des années 1990, en Amérique centrale, au Mexique, dans une grande partie du Sud-Est asiatique et dans le sud de l’Europe centrale. Dans ces pays, la part du marché de la distribution alimentaire correspondant aux supermarchés est passée de 5-10 % en 1990 à 30-50 % au début des années 2000. Aujourd’hui, un tiers des sommes dépensées pour l’alimentation au Mexique va à Walmart.

La troisième vague a commencé à la fin des années 1990 et au début des années 2000 dans certains pays d’Afrique, comme le Kenya, en Amérique latine, avec par exemple le Pérou et la Bolivie, et en Asie, avec le Vietnam, la Chine, l’Inde et la Russie. Cette troisième vague est maintenant en plein essor, et les multinationales affluent dans ces pays aux côtés des concurrents nationaux. Même en Afrique, l’expansion des supermarchés décolle en flèche, sous l’impulsion d’entreprises basées en Afrique comme Nakumatt et Shoprite. Les multinationales commencent elles aussi à s’installer. En décembre 2010, Walmart a fait une offre pour acheter 51 % du distributeur sud-africain Massmart, l’un des plus grands distributeurs de produits grand public de la région, avec quelques 290 magasins répartis dans 13 pays en Afrique. La transaction est vivement contestée par les syndicats en Afrique du Sud et doit encore être approuvée par les autorités du pays.

Dans l’ensemble, l’expansion des supermarchés est en train de se faire cinq fois plus vite dans les pays en développement que ce qui s’est produit aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Comment expliquer ce soudain décollage ? T. Reardon et ses collègues affirment que le principal facteur a été la libéralisation de la politique des investissements étrangers dans les années 1990, qui a ouvert la porte à des investissements de grands distributeurs étrangers. Ils soulignent également la stratégie de « procédures accélérées » pour les supermarchés qui permet de créer des « conditions favorables » à leur expansion, principalement par la création de systèmes d’approvisionnement standardisés, directs, qui permettent de tirer les prix vers le bas. Selon eux, les politiques municipales favorables aux supermarchés ont également joué un rôle important. i

i Thomas Reardon, Spencer Hensen et Julio Berdegué, « ’Proactive fast-tracking’ diffusion of supermarkets in developing countries : Implications for market institutions and trade », Journal of Economic Geography, Vol. 7, No. 4, 2007.

Aujourd’hui, les grands distributeurs alimentaires, tels que Tesco, Walmart, Carrefour ou Lotte, se concentrent sur le développement de leurs activités dans le Sud, où les marchés sont en progression. L’Inde, la Chine, le Brésil et l’Indonésie sont parmi les premières cibles. Dans ces pays en développement et d’autres encore, cependant, les marchés des fruits et des légumes sont encore dominés par des chaînes d’approvisionnement informelles, qu’il s’agisse de paysans de petites coopératives, de grossistes locaux ou de vendeurs ambulants. Par conséquent les supermarchés imposent leurs propres modèles d’achat, en utilisant un ensemble commun de normes comme base de restructuration. Ils doivent aussi faire face à la concurrence des élites locales et régionales, comme la chaîne Matahari en Indonésie, ou Big C en Thaïlande.

Ces chaînes d’approvisionnement mondiales sont organisées d’après le schéma de base suivant. Au sommet se trouve la grande distribution, le mot « grand » étant ici un euphémisme. Walmart, le plus grand distributeur alimentaire de la planète, encaisse des ventes alimentaires annuelles de 405 milliards de dollars, soit plus que le PIB annuel de l’Autriche, de la Norvège, de l’Arabie saoudite, de l’Iran, de la Grèce, du Venezuela, du Danemark ou de l’Argentine. Les ventes combinées de produits alimentaires des quatre plus grands distributeurs alimentaires mondiaux (Wal-Mart, Carrefour, Metro et Tesco) atteignent 705 milliards de dollars. C’est un chiffre d’affaires supérieur à la production annuelle de la Turquie ou de la Suisse. Leur taille et leur pouvoir d’achat leur donnent un formidable moyen de pression sur l’ensemble du système alimentaire mondial : ils sont en mesure de dicter leurs conditions à tous leurs fournisseurs, depuis les agriculteurs jusqu’aux transformateurs de produits alimentaires. 32

Ils travaillent ensemble, avec la participation des plus grandes entreprises alimentaires et des entreprises agro-industrielles, à élaborer des normes communes pour les aliments (depuis l’agriculture jusqu’à l’emballage) que leurs fournisseurs doivent respecter. GlobalGAP donne un exemple de cette situation. Dans le contexte d’un régime de politiques de sécurité alimentaire mondiale marqué en grande partie par le laissez-faire (ou du moins une complaisance vis-à-vis de l’industrie), ces normes sont en train de devenir la structure de sécurité sanitaire alimentaire implicite pour la majeure partie du monde. Et pour souligner un point essentiel, ces entreprises gigantesques sont responsables devant leurs actionnaires, et dans une faible mesure vis-à-vis de leurs clients, mais devant personne d’autre.

Au-dessous des supermarchés géants se trouvent les fournisseurs. Ce sont des grandes entreprises qui achètent et livrent à partir du monde entier, et de plus en plus à partir de leurs propres exploitations agricoles ou des programmes de production sous contrat qu’ils gèrent. Puis il y a les producteurs. De plus en plus, la production est centralisée dans des « pôles » ou des « zones » où la production de fruits ou de légumes spécifiques est bon marché et organisée selon les normes dictées par les supermarchés. Quelques exemples bien connus sont les raisins du Chili, les haricots verts au Kenya et les pommes en Chine.

Beaucoup a été dit sur la façon dont les pays peuvent se positionner pour profiter de cette expansion mondiale des supermarchés. Pour accéder aux linéaires des supermarchés, les gouvernements locaux et les bailleurs de fonds consacrent des ressources considérables à essayer de renforcer les capacités de production dans les pays pauvres. La croissance des supermarchés est même présentée comme une « opportunité » pour les petits agriculteurs. La réalité est tout autre (voir l’Encadré : « Walmart en Amérique centrale »).

Supermarket Monopoly

Tout d’abord, les grands distributeurs étrangers qui s’installent dans les pays du Sud sont en concurrence directe avec les marchés locaux et traditionnels. Au fur et à mesure qu’ils se développent, ils envahissent l’espace des petits vendeurs, négociants et marchés de producteurs, qui sont desservis principalement par des petits producteurs et vendeurs. Les pays en développement ne sont pas simplement des sites pour la production à l’exportation destinée aux chaînes d’approvisionnement des supermarchés de l’Occident. Ils deviennent de plus en plus souvent également les consommateurs de ces marchés (voir l’Encadré : « Le tsunami des supermarchés »).

Deuxièmement, les supermarchés ont accès à des réseaux d’approvisionnement mondiaux par le biais desquels ils peuvent accéder à des fruits et légumes bon marché et pousser à la baisse des prix. Si les oranges locales sont trop coûteuses pour ses magasins indonésiens, Carrefour peut faire venir des oranges de ses fournisseurs au Pakistan ou en Chine. Pas moins de 70 à 80 % des fruits vendus dans les supermarchés en Indonésie sont importés, principalement de pôles régionaux d’approvisionnement des supermarchés en Thaïlande et en Chine. 33

Troisièmement, les fournisseurs qui desservent les supermarchés, et les normes qu’ils doivent respecter, ne laissent aucune place à l’agriculture traditionnelle (voir Encadré : « Le piège des bonnes pratiques agricoles »). La seule opportunité pour un petit producteur qui veut vendre aux supermarchés est d’avoir un contrat de production étroitement contrôlé dans lequel le grand distributeur dicte tout, depuis les semences jusqu’aux pesticides utilisés. Ces systèmes d’agriculture contractuelle affaiblissent la biodiversité et les systèmes et cultures alimentaires locales. Mais même cette option n’est généralement pas possible, dans la mesure où le respect de ces normes est généralement trop coûteux et inapplicable pour les petits producteurs. Ainsi, une proportion de plus en plus importante de l’agriculture réelle est réalisée et gérée par les « fournisseurs privilégiés » eux-mêmes, avec une forte intervention des supermarchés (voir Encadré : « Les agriculteurs ougandais sur la touche »).

Bien sûr, de nombreux supermarchés et chaînes d’approvisionnement de différents pays – qu’il s’agisse de ShopRite en Afrique du Sud ou de DMA au Brésil – mettent aussi en œuvre ce modèle. Et si certains vont sûrement se développer et devenir des géants régionaux, ils sont des proies faciles pour un rachat par leurs cousins du Nord.

Le producteur américain Fresh Del Monte est l’un de ces « fournisseurs privilégiés » de fruits et légumes frais des chaînes mondiales de supermarchés. Selon le PDG de la société, Mohammad Abu-Ghazaleh, « aujourd’hui, les distributeurs sont plus enclins à travailler avec quelqu’un qui peut leur garantir que leur produit provient de sa propre exploitation agricole, a été conditionné dans sa propre usine, l’expédition étant sous son contrôle, tout comme la livraison à son client. » Sa société produit 39 % de ses bananes, 84 % de ses ananas et 81 % de ses melons sur ses propres plantations, principalement en Amérique centrale, et dirige une entreprise verticalement intégrée de volailles en Jordanie, qui approvisionne des grands distributeurs et des sociétés multinationales au Moyen Orient. En 2009, 13 % de ses ventes totales ont été conclues avec Walmart.

Le Pérou est présenté comme un succès pour ce qui est des canaux d’approvisionnement des supermarchés. Il a été poussé dans cette voie il y a 20 ans, dans le cadre de ce qu’on a appelé « la guerre contre la drogue » de Washington. Depuis lors, les exportations d’asperges vers l’UE et l’Amérique du Nord ont décollé. Mais l’agriculture locale en a été radicalement transformée. Les asperges étaient ordinairement produites par des petits producteurs alors que ces derniers représentent aujourd’hui moins de 10 % de la production du pays, qui est maintenant dominée par de grandes entreprises tournées vers l’exportation. Deux sociétés (Del Monte et Green Giant, toutes deux américaines) contrôlent aujourd’hui à elles seules un quart des exportations d’asperges du Pérou. 34

En 2000, le Ghana a essayé un programme similaire, mais en mettant l’accent sur la production d’ananas pour les supermarchés européens. Au cours des quatre premières années, les exportations d’ananas vers l’Europe ont fait un bond, passant d’environ 20 000 tonnes à environ 50 000 tonnes, et une grande partie a été fournie par de petits agriculteurs et des commerçants ghanéens de taille moyenne. 35 Mais en 2005, le marché du Ghana s’est écroulé. Sans avertissement, les distributeurs européens, sensibles au lobby de Del Monte, ont décidé unilatéralement de commencer à acheter seulement la variété d’ananas MD2 et de ne plus accepter la variété Sweet Cayenne produite au Ghana. Ils ont également commencé à exiger la certification EurepGAP de leurs fournisseurs, en particulier sur les résidus de pesticides. Ce changement soudain a constitué une charge trop importante pour les producteurs et les exportateurs d’ananas du Ghana. La certification EurepGAP et la variété MD2 étaient hors de leur portée, en raison du coût élevé des jeunes plants et de la logistique supplémentaire requise. Ils ont été forcés de mettre la clef sous la porte, et les sociétés multinationales se sont installées. En 2004, il y avait 65 exportateurs d’ananas au Ghana. Aujourd’hui, deux sociétés contrôlent à elles seules près de 100% des exportations d’ananas du Ghana : l’américain Dole, qui s’approvisionne principalement auprès de ses propres exploitations, et le suisse HPW, qui achète chez trois grands producteurs. 36

Au Vietnam, les petits producteurs et les entreprises de pisciculture qui tentent de surfer sur la vague de popularité du Tra – ou poisson-chat, son nom commercial, (comme aliment familial à bas prix) en Europe et en Amérique du Nord - ont dû surmonter un certain nombre d’obstacles. Aux États-Unis, une grosse campagne menée par les producteurs nationaux de poissons-chats, qui ne peuvent pas rivaliser avec le bas prix du Tra, cherche à donner du poisson vietnamien une image « répugnante ». En Europe, le World Wild Fund for Nature (WWF) a mis le Tra sur sa « liste rouge » des produits que les consommateurs avertis devraient éviter. Le boom de l’élevage intensif du Tra sur ces nouveaux marchés lucratifs à l’exportation a en effet attiré les pratiques et les personnes les moins recommandables. Mais pour être juste, un certain nombre d’entreprises ont essayé de respecter les normes mondiales. Le problème réside, précisément, dans ces normes. Un pisciculteur de Tra, Nguyen Huu Nghia, l’appelle amèrement un « labyrinthe ». 37 On lui a demandé ainsi qu’à d’autres petits pisciculteurs, de respecter les normes Safe Quality Food (SQF), qui sont gérées par une équipe de certification privée aux États-Unis. Puis on leur a dit d’appliquer ce qu’on appelle la norme SQF-1000. Ensuite, on leur a recommandé l’adoption des normes GlobalGAP. Et maintenant, pour se débarrasser de la mauvaise réputation que les poissons vietnamiens ont acquise du fait du WWF, on leur demande de se conformer aux critères du WWF au travers du Conseil de gestion de l’aquaculture (Aquatic Stewardship Council - ASC). Si tous les producteurs de Tra suivaient, par exemple, les normes GlobalGAP et ASC pour un produit ultra-propre et sans danger pour la consommation internationale, il en coûterait aux Vietnamiens pas moins de 22 millions de dollars par an ! 38 Outre le nombre ahurissant de normes privées que personne ne peut vraiment garantir, qui peut se le permettre et quel en est l’objectif ? (Voir Encadré : « Le pièce des bonnes pratiques agricoles »).

Les plus gros producteurs paieront les frais supplémentaires pour obtenir l’approbation de GlobalGAP car, pour eux, c’est le prix nécessaire pour un accès privilégié aux empires en expansion que se construisent les supermarchés. Comme le dit un exportateur kenyan, « J’ai tendance à être particulièrement positif à ce sujet [la certification]. Cela peut sembler un peu cynique, mais c’est une barrière à l’entrée sur le marché. Plus il y a de normes, moins nous aurons de concurrence. » 39 Tant pis pour les petits producteurs du Kenya. Plus de la moitié d’entre eux ont été abandonnés immédiatement après que les supermarchés ont commencé à exiger le respect de leurs normes GAP. 40

Il convient de souligner que cette concentration n’intervient pas seulement au niveau des exportations. Comme les supermarchés s’emparent de plus grandes parts des marchés alimentaires dans le Sud, la distinction entre les marchés d’exportation et les marchés intérieurs disparaît, les mêmes normes étant appliquées pour les deux. Cela laisse aux petits agriculteurs et à la biodiversité qu’ils entretiennent un espace qui se réduit en peau de chagrin pour survivre.

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Voir en ligne : À qui profite la sécurité sanitaire des aliments ? Les profits des entreprises contre la santé des populations

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